Le Projet
L’héritage du plateau Batéké
L’histoire d’Ibi Village s’inscrit dans le temps long des populations Batéké et dans la vision d’une famille congolaise qui a fait du plateau un laboratoire d’agroforesterie durable.
Section 1 · Les Racines
Paul Mahamwe Mushiete et le plateau des Batéké
L’histoire d’Ibi Village est profondément liée aux populations des hauts plateaux Batéké, dont la présence sur ces vastes étendues remonte loin dans le temps. Avant d’être un projet, Ibi est d’abord un territoire, celui de communautés qui en connaissent les sols, les saisons et les fragilités.
Dans les années 1980, Paul Mahamwe Mushiete, fondateur de Novacel sprl, commence à dessiner les contours d’un programme d’aménagement du plateau Batéké. Sa démarche met d’emblée au cœur les dimensions sociales et environnementales : élevage, cultures vivrières, et protection durable de la forêt.
Découvrir comment soutenir cette démarche collective
Il s’est éteint avant d’avoir pu mener à bien son projet. Ses fils, Olivier et Thierry Mushiete, reprennent alors le flambeau, entourés de personnes engagées, d’associations et d’universités.

Section 2 · Naissance & jalons
Des racines aux réalisations d’aujourd’hui
Sur un domaine d’environ 9 000 hectares, dont près de 4 200 hectares visés en agroforesterie, le projet s’est construit pas à pas, et se poursuit activement, des premières plantations jusqu’aux réalisations les plus récentes.
- La vision fondatriceAnnées 1980
Paul Mahamwe Mushiete, fondateur de Novacel sprl, esquisse un programme d’aménagement du plateau Batéké donnant la priorité à l’élevage, aux cultures et à la protection durable des forêts.
- Étude des ressources en eau1999
Une étude de faisabilité financée par la Région wallonne confirme l’abondance et la qualité des sources. Une station de pompage et un réseau d’adduction sont construits.
- Naissance du concept Ibi VillageDébut des années 2000
Olivier et Thierry Mushiete, entourés d’amis, d’entreprises (Umicore, SUEZ-Tractebel, aujourd’hui ENGIE), d’associations et d’universités, transforment la vision paternelle en projet concret.
- L’eau potable arrive au village2001
Installation de 5 km de réseau d’eau potable au bénéfice des communautés locales.
- L’école d’Ibi ouvre ses portes2003
Démarrage de l’école assurant le cycle primaire : 125 enfants y sont inscrits, dont 40 % de filles.
Découvrir l’école et la formation - Sélection des essences forestières2005
Des tests de provenance des essences forestières sont menés afin d’optimiser la séquestration de carbone des futures plantations.
- Lancement du Puits de Carbone agroforestier2008
Les premiers arbres, principalement des acacias, sont mis en terre sur la savane Batéké, avec une lettre d’intention d’achat du Biocarbon Fund (Banque mondiale) visant à installer 4 500 hectares.
- Premiers résultats à l’échelle2010
1 175 ha de forêt sont effectivement installés dans le cadre du Puits de Carbone, 1 809 tonnes de tubercules sont récoltées et 2 250 équivalents temps plein sont enregistrés à l’embauche. La même année, les 25 élèves ayant suivi tout le cycle de formation à Ibi se présentent à l’examen d’admission à l’enseignement secondaire avec 75 % de réussite.
- Premier projet privé MDP en RDCFévrier 2011
Ibi Village devient le tout premier projet privé de la République Démocratique du Congo enregistré comme Mécanisme de Développement Propre (MDP) auprès de la CCNUCC. Le CO₂ stocké dans les arbres devient valorisable en crédits carbone. La même année, l’achat de 35 tonnes de tubercules à des fermes en périphérie d’Ibi Village marque les prémices de la participation communautaire.
Voir les indicateurs de transparence - Le manioc fait ses preuves2012
Avec des prix de vente de farine atteignant 900 USD/tonne, le manioc génère un chiffre d’affaires de 784 000 USD : les cultures vivrières confirment la viabilité économique du modèle.
- Le modèle agriculteurs partenaires2015
Après la crise de 2008 et des revenus carbone inférieurs aux prévisions, le projet abandonne le modèle salarial pour une collaboration avec des agriculteurs partenaires indépendants, couplée à une production de charbon de bois durable selon un cycle récurrent de 8 ans. La même année, 75 hectares de forêt sont exploités en collaboration avec les associations.
Comment les bénéfices sont partagés - Huit associations signent un accord d’exploitation2016
Les associations partenaires signent un accord portant sur la coupe et la mise en place d’une nouvelle rotation en agroforesterie : le modèle de 2015 prend racine sur le terrain.
Notre travail avec les associations - 300 hectares replantés2017
300 hectares de forêts supplémentaires sont plantés grâce à l’intervention du Programme d’Intérêt Forestier.
Reboiser le plateau Batéké - Vente effective de crédits carbone certifiés2018
43 777 tonnes de crédits carbone certifiés sont vendues aux clients carbone du projet, générant 150 000 USD de chiffre d’affaires.
Les chiffres de l’impact - 8 994 hectares sécurisés2019
Enregistrement de 8 994 hectares de certificats fonciers au nom de M&CO, garantissant la pérennité foncière du puits de carbone et des cultures.
- Charbon durable et miel2022
Sur trois ans, 900 tonnes de charbon de bois et 2 tonnes de miel sont produites, deux filières issues de l’entretien régulier de la forêt et de l’apiculture intégrée au système agroforestier.
L’apiculture à Ibi - Convention PRUNIB avec UNDO2023
Signature d’une convention du projet PRUNIB dans le cadre des services écosystémiques, avec UNDO, société télécom basée en Belgique, sur la base d’une RSE participative nord-sud.
- Le soutien de l’ICCN2025
L’Institut Congolais pour la Conservation de la Nature (ICCN) adresse une lettre de soutien au projet, reconnaissant son rôle dans la protection durable des écosystèmes du plateau Batéké.

Section 3 · L’évolution de 2015
Un modèle durable et partagé
Après la crise économique de 2008, les revenus issus des crédits carbone se révèlent inférieurs aux prévisions, tandis que les coûts opérationnels augmentent. Le modèle initial reposant sur des salariés montre ses limites.
En 2015, le projet opère une mutation profonde : passage d’une logique salariale à un partenariat avec des agriculteurs indépendants, couplé à une production et une commercialisation de charbon de bois durable.
- Plus d’autonomie pour les agriculteurs partenaires
- Répartition plus équitable des bénéfices
- Innovation et adaptation locales
- Liens communautaires renforcés
- Durabilité à long terme
- Conservation des ressources naturelles
Le cycle de 8 ans
Coupe sélective d’une portion de forêt pour produire un charbon de bois durable, puis culture de manioc et de maïs sur la même parcelle (commercialisés à Kinshasa), avant la replantation des arbres. Un rythme pensé pour la fertilité, la ressource et les familles.
Section 4 · Aujourd’hui
Continuer sur le plateau des Batéké
Le projet n’est pas une histoire ancienne : production continue de charbon de bois durable et de miel, certificats fonciers sécurisés sur près de 9 000 hectares, partenariats récents avec des entreprises et institutions nationales et internationales. Ibi Village poursuit la reforestation, soutient le bien-être des communautés partenaires et développe son rôle de terrain de recherche et de formation, avec plusieurs universités congolaises, un projet vivant, transparent sur ses évolutions, ancré dans la coopération.
