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Reforestation & Carbone

Reboiser le plateau Batéké depuis 2008, planter, entretenir, protéger, mesurer.

La reforestation est au cœur du projet depuis 2008. Sur le plateau Batéké, les sols sont sableux et pauvres, et les feux de brousse passent chaque saison sèche. Planter des arbres ne suffit donc pas. Il faut choisir des espèces adaptées, entretenir les jeunes plants, protéger les parcelles du feu, suivre leur croissance année après année et mesurer ce que la forêt rend à la terre et à l’atmosphère.

Reforestation sur le plateau Batéké

Comment la forêt se reconstruit

Les plantations reposent principalement sur l’acacia, une espèce qui pousse vite et supporte les sols pauvres. Surtout, l’acacia fixe l’azote de l’air grâce à ses racines et enrichit progressivement la terre. Les feuilles qui tombent forment une litière qui retient l’humidité, nourrit le sol en matière organique et protège la surface de l’érosion. Là où il n’y avait qu’une savane dégradée, un sol vivant se reforme peu à peu.

Ce sol régénéré permet ensuite d’autres usages. Le manioc est cultivé en association avec les jeunes arbres, ce qui donne un revenu dès les premières années. Quand les plantations arrivent à maturité, une exploitation raisonnée fournit du bois et un charbon de bois (makala) durable. La parcelle est ensuite replantée ou se régénère, et le cycle recommence. La forêt devient ainsi une ressource renouvelable plutôt qu’un stock à épuiser.

Protéger, entretenir, mesurer

La protection contre le feu est le travail le plus important. Elle passe par l’entretien de pare-feux autour des parcelles, la surveillance en saison sèche et la mobilisation des équipes et des associations locales. L’entretien comprend le désherbage, le remplacement des plants morts et l’éclaircie des parcelles. Le suivi consiste à mesurer régulièrement la croissance des arbres pour estimer le volume de bois et la quantité de carbone stockée.

Une première en RDC : le Mécanisme de Développement Propre

En février 2011, Ibi Village est devenu le premier projet privé de RDC enregistré au titre du Mécanisme de Développement Propre (MDP) de la Convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques (CCNUCC). Ce mécanisme, créé par le Protocole de Kyoto, reconnaît et permet de valoriser les réductions ou absorptions de gaz à effet de serre obtenues par des projets dans les pays en développement.

Pour y parvenir, le projet a dû passer par plusieurs étapes : décrire précisément la méthodologie, faire valider le projet par un auditeur indépendant, puis se soumettre à un suivi régulier des plantations. Le CO₂ absorbé par les arbres en grandissant peut ainsi être mesuré, vérifié et valorisé. Cette expérience a donné à M&CO une connaissance pratique des exigences de la certification carbone, qui sert aujourd’hui de base au développement du projet Sustainable Green Wood.

Une démarche collective

La démarche reste collective. Le projet n’attribue aucun arbre à une personne et ne vend pas d’arbres « parrainés » : le carbone est comptabilisé à l’échelle des plantations, selon des méthodes de mesure reconnues. Ce qui compte, c’est le travail commun sur la séquestration du carbone et la restauration des sols, mené avec les équipes et les communautés qui font vivre la forêt au quotidien.